J’avais rencontré Estelle Clareton à l’occasion d’un éditorial pour Elle Québec, qui traitait des femmes du Québec, et non d’elle en particulier, en sa qualité de chorégraphe.
La chimie fut immédiate et je lui ai dit que si jamais elle avait un projet à photographier, je serais ravi d’y collaborer.
C’est ainsi que 2 ans plus tard, elle me confie la réalisation de l’affiche de son prochain spectacle qui s’intitule « S’envoler ».
J’adore travailler avec les danseurs ! Pourquoi ? Facile à comprendre:
Tout d’abord parce que ce sont des passionnés, avec une discipline de fer, et toujours prêts à expérimenter. On peut leur demander n’importe quoi, ils sont toujours partants.
Aussi, ils ont évidemment un rapport à leur corps tout à fait particulier. À leur contact, on voit très rapidement que leur corps est leur outil de travail, dont ils prennent soin constamment. Ils s’étirent, se massent, et regardent leurs corps, à mon avis, non par narcissisme, mais comme je peux regarder parfois mon boîtier ou mes objectifs, pour les vérifier, m’assurer que tout a l’air conforme !
Pour la réalisation de cette photo, je suis tout d’abord allé voir une répétition afin de voir l’esprit de la chorégraphie, et de trouver des idées en voyant quelques « tableaux ». Un des tableaux qui a immédiatement attiré mon attention, était une scène où les danseurs étaient tous accroupis dans un coin, avec une danseuse au centre qui …… dansait !
Je trouvai ce tableau fort car il présentait un premier plan (la danseuse) et les autres danseurs, un peu plus éloignés. La danseuse apportait le mouvement, et le groupe la pose. Je voyais là tous les éléments pour faire une image dynamique et construite, qui amenait différents centres d’intérêt, tout en étant fidèle au concept du spectacle.
Nous devions faire les photos dans le théâtre, mais quand j’ai appris que les danseurs étaient habillés en noir et que le fond était en noir également, j’ai immédiatement suggéré de faire les photos en extérieur. Car pour faire des photos, surtout des photos en mouvement, il faut beaucoup de lumière, et idéalement, des sujets qui se détachent du fond !
J’ai appris que juste derrière le théâtre, il y avait une pelouse en pente, qui donnait au fond sur des arbres. C’était parfait ! Aussi, nous pouvions utiliser les 3 énormes ventilateurs qui servaient dans le spectacle, et qui allaient augmenter le dynamisme de l’image.
Seul problème technique, à l’heure où nous devions faire les photos, le soleil n’était pas placé vraiment à l’endroit idéal, mais par chance, le ciel était voilé. En revanche, il était gris, mais sans nuages. C’est la raison pour laquelle j’ai rajouté en post-production des nuages, dont les contrastes ne sont pas très logiques pour qui connaît la lumière, mais cela donne une touche surréaliste, à l’image, qui me plaît ! Aussi, j’ai donné une dominante de couleur verte au ciel, car le bleu détonnait un peu trop, en rendant le ciel trop présent.
Et voilà le résultat …..
Et puisque j’en suis à parler de photographie et de danse, voici celles que j’ai eu l’occasion de réaliser auparavant:
Des commentaires, des questions, des suggestions ?
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2 comments
Mademoiselle C
Quel beau travail… On ressent l’effet de groupe et d’unité, mais en même temps, de manière individuelle, chacun des danseurs semble être captivé, comme appelé par quelque chose qui se passe plus haut, plus grand qu’eux.. Comme quelque chose qui appelle à… l’envolée! Et que dire de Estelle Clareton qui semble carrément traversée par une onde créatrice venue directement du ciel!
Merci pour cette visite en coulisse, votre processus de création est passionnant. Vous aimez vos sujets, et ça paraît!
Halima
MAGNIFIQUE !!!